jeudi 24 mars 2016

Etude du 75 : la culasse

L’ingénieuse culasse Nordenfeldt du canon de 75 est des principaux éléments autorisant une cadence de tir élevée.


Le rôle de la culasse est d’obturer la partie arrière de la bouche à feu, de permettre la mise à feu en sécurité, tout en assurant une parfaite étanchéité.




Sa conception révolutionnaire permet de limiter à un seul mouvement pour ouvrir la chambre et un seul pour la fermer; il en fallait trois, pour chacune des deux opérations, avec le canon de 90.
Pour ouvrir la culasse, il faut simplement tenir la poignée de manivelle, appuyer sur la masselotte avec le pouce, et effectuer une rotation de 120° vers la gauche de la poignée.









Le mécanisme de culasse comprend

La  culasse à vis excentrée (partie mobile) :

Elle est constituée par un disque massif dont le diamètre est supérieur au double de celui de l’âme. Elle tourne, dans la masse du manchon, autour d'un axe idéal parallèle à celui de l'âme du canon et situé au-dessous. Elle est pourvue de filets qui s'engagent dans des filets correspondants du manchon et qui permettent le mouvement de rotation. Dans une de ses positions d'arrêt, la vis de culasse présente une ouverture devant la chambre de chargement par laquelle on peut introduire la cartouche; dans l'autre position d'arrêt, à 180°, elle présente devant la même chambre une partie pleine qui la ferme.





La rotation de la vis de culasse se produit au moyen d'une poignée fixée sur une manivelle qui vient, aux extrémités de sa course, heurter une butée d'ouverture ou une butée de fermeture.


L’appareil de mise de feu :

Le canon étant chargé et la culasse fermée, la mise de feu se fait par un marteau à ressort qu'on écarte de sa position de repos avec un tire-feu; on lâche ce tire-feu ; le marteau pousse un percuteur qui traverse toute la vis de culasse et qui vient frapper l'amorce de la cartouche au centre du culot.

Au moment du départ du coup, il importe d'empêcher les fuites des gaz de la poudre du côté de la culasse; car il faut, autant qu'il est possible, garder toute la pression pour la propulsion du projectile. La douille métallique et son culot, fortement appuyés, à ce moment, par les gaz mêmes sur la paroi intérieure du canon, réalisent ici une obturation excellente.


L’extracteur :

Un extracteur débarrasse le canon de la douille vide. Il consiste en un système de deux branches verticales, qui sont mobiles autour d'un axe horizontal, qui se logent dans des évidements présentés par la masse du manchon et qui viennent, par suite du mouvement d'ouverture de la culasse, saisir le bourrelet de la douille et projeter celle-ci brusquement en arrière de la pièce.

Le chargement d’une nouvelle cartouche dans la chambre provoque le basculement vers l’avant des branches de l’extracteur et,  par la suite de la réaction du talon sur la rampe d’éjection, un commencement de fermeture de la culasse.




Les organes de sécurité :

La pièce de sûreté, 

qui se visse dans l'écrou de la manivelle et peut occuper deux positions: la position de tir et la position de route; dans cette dernière position, elle immobilise le marteau.




Le linguet, 

qui a pour but :
- d’empêcher l’ouverture trop hâtive de la culasse en cas de long feu.
- d’assurer la fermeture complète de la culasse et par la suite, d’autoriser la mise de feu. En effet, le percuteur ne peut frapper sur l’amorce de la douille  que si la culasse est bien fermée (du fait de l’excentricité de l’axe du tube et du canal du percuteur).

Le linguet, qui est porté par la manivelle et dont le pêne vient s'engager dans une gâche du manchon, maintient la culasse fermée.

Au départ du coup, une masselotte logée dans la poignée et dont le déplacement résulte, par inertie, du recul, agit sur le linguet de manière à le faire sortir de la gâche, et dès lors on peut de nouveau ouvrir la culasse ; par le fait même de cette ouverture, la masselotte se trouve ramenée, grâce au jeu d'une came, dans sa situation antérieure.




Note d'époque à propos de la culasse Nordenfelt:



« MM. Nordenfelt et Cie ont accordé l'autorisation d'appliquer leur culasse à deux spécimens de canon, à savoir le 75 de campagne à l'étude et le 65 de côte, également étudié par le lieutenant colonel Déport; mais ils demandent si l'on veut acquérir une licence de leur brevet Dans une lettre du 21 décembre 1893, le Président du Comité est favorable à cette acquisition, si les industriels précités se montrent raisonnables. On pourrait, en effet, à la rigueur recourir, au besoin à la culasse du canon de 57 Sainte-Claire Deville, qui paraît bien fonctionner. Dans une lettre du Président du Comité, du 14 janvier 1899, on constate qu'un contrat avait été passé, en 1894, avec la Société Nordenfelt; ce contrat permettait à l'Artillerie française de faire usage de la culasse de cette Société, ainsi que de tous ses perfectionnements, dont elle devait recevoir, à cet effet, communication. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire