lundi 11 janvier 2016

La réquisition des chevaux.

Toute l’armée de la fin du XIX° siècle est hippomobile.

La Cavalerie (chevaux d’officiers et de selle) et surtout l’Artillerie (chevaux de trait) sont les principaux utilisateurs de chevaux avec le Train des Équipages Militaires.
Les ressources nationales qui sont estimées à environ 3 230 000 chevaux disponibles, permettent de satisfaire aux besoins de la mobilisation.

La réquisition des chevaux est donc une opération vitale qui est préparée et suivie dès le temps de paix.

Les chevaux existants doivent être recensés et classés. C’est le service de la remonte militaire qui organise et gère ce suivi administratif. Créé par ordonnance le 11 avril 1831, il est spécialement chargé de l’achat des chevaux, de leur élevage et de leur préparation au régime militaire. Cette loi de 1831 fonde quinze dépôts de remonte  (trait léger, artillerie, et cavalerie lourde au Nord de la Loire - selle galopeur, cavalerie légère au Sud) dans les quinze départements suivants :

- à l'est : Ardennes - Meurthe - Vosges - Yonne ;
- au midi : Indre - Puy de Dôme - Cantal - Tarn - Gers ;
- à l'ouest : Calvados - Eure - Orne - Manche - Côtes du Nord et Deux-Sèvres.

Un recensement annuel des chevaux, juments, mulets et mules est fait grâce à la déclaration obligatoire de leurs propriétaires auprès de leur mairie. Les registres des mairies sont ensuite envoyés au service régional des remontes qui en assure le suivi. Il existe aussi un recensement des véhicules hippomobiles, qui a lieu tous les trois ans.

La deuxième opération après le recensement est le classement. Il est fait par une commission se déplaçant chaque année dans la moitié des communes. Cette commission va affecter chaque animal vu à une catégorie bien précise (cheval de tête – ou d’officier-, cheval de selle, cheval d’attelage, etc…).


Illustration du Petit Journal en 1904


En cas de mobilisation, les réquisitions d’animaux sont soumises à un barème de prix fixé par une circulaire du ministère de la guerre. Ces réquisitions sont faites par des comités d’achat qui font leur tournée dans les villes et villages avertis par voie d’affichage. Les achats se font en public sous la direction du président du comité de réquisition.



Les chevaux sont ensuite regroupés au sein de dépôts par la remonte militaire puis triés lors d’exercices simples pour les classer selon leurs aptitudes et leur allure.



Les animaux réquisitionnés travaillant la plupart du temps au sein d’exploitations agricoles doivent être dressés, au moins sommairement, pour pouvoir répondre aux besoins minimum des militaires : dressage à la selle ou bien dressage au travail en attelage (trait ou guides). 

Les chevaux âgés de plus de cinq ans sont ensuite envoyés dans les régiments ; ceux encore trop jeunes sont envoyés dans des établissements de transition. Bien souvent, ces chevaux réquisitionnés ne correspondent pas du tout aux chevaux dont l’armée d’active a besoin : fragiles et fatigués, effrayés et peu endurants. Une fois affectés dans les régiments d’artillerie, il faut souvent parfaire leur dressage pendant encore plusieurs mois avant qu’ils ne puissent rendre les services que l’on attend d’eux.


Les qualités d’un cheval d’artillerie de campagne sont les suivantes: il doit être capable d’effectuer des étapes de 40 km, de rester attelé pendant plusieurs jours, d’évoluer dans des terrains difficiles avec la plus grande docilité.



Car si un attelage de 6 chevaux semble largement suffisant (4 chevaux suffisent) pour tracter un canon de 75, son avant-train et ses 6 servants, le poids tiré par chaque cheval étant à peu près égal à 328 kg, les six chevaux deviennent vite indispensables pour faire évoluer ce même attelage dans la boue où les fines roues du canon s’enfoncent aisément, ou bien pour accéder aux positions de tir par des chemins très accidentés.



Les chevaux les plus aptes pour l’attelage de l’Artillerie de Campagne sont les chevaux à deux fins, c’est-à-dire aptes à servir en cheval de selle, aussi bien qu’à trotter en attelage, d’une taille comprise entre 1,48 et 1,52 mètres et d’un poids d’environ 450 kg.



Les Etablissements de remonte au 14 juin 1914:

Selon le Journal Officiel de la République française, p. 5237. Application de la Loi des cadres du 31 mars 1913. 

Etablissements hippiques de l'intérieur:

Circonscription de Caen

Dépôt de Caen:
  • Annexe du Bec-Hellouin

Dépôt de Saint-Lô:
  • Annexe de Couvains

Dépôt d'Alençon:
  • Annexe du Radon

Dépôt de Guingamp.

Dépôt de Fontenay:
  • Annexe de la Chapelle-aux-Lys
  • Annexe de Saint-Ouenne
  • Annexe de la Roche-sur-Yon
  • Annexe de la Pissepole
  • Annexe de Saint-Varent

Dépôt d'Angers:
  • Annexe du Busson:
  • - Annexe de Selles-sur-Cher
  • Annexe de Chateaufer

Dépôt de Saint-Jean d'Angeley:
  • Annexe de la Rochebeaucourt
  • Annexe de L'Hommaizé

Circonscription de Tarbes:

Dépôt de Tarbes:
  • - Annexe du Garros
  • - Annexe du Bruka
  • - Annexe de Freycinet

• Dépôt d'Agen:
  • - Annexe de Lastours
  • - Annexe de Lavergne
  • - Annexe d'Anglars-Juillac
  • - Annexe du Broc

• Dépôt de Mérignac:
  • - Annexe du Gibaud
  • - Annexe de la Palanque
  • - Annexe de Bouilhaguet

• Dépôt d'Aurillac:
  • - Annexe de Ségala
  • - Annexe de Mons
  • - Annexe de Cornusson

• Dépôt d'Arles.

Circonscription de Paris:

Dépôt de Paris:
  • Annexe de Eragny
  • Annexe de Clayes
  • Annexe de Bures

Dépôt de Guéret:
  • Annexe de Bellac
  • Annexe de Saint-Junien
  • Annexe de Bonnavois

Dépôt de Macon:
  • Annexe de Coligny
  • Annexe de Laverdines

Dépôt de Favernay:
  • Annexe de Favernay

Dépôt des Etablissements hippiques de Suippes:
  • Ferme annexe du Piémont
  • Ferme annexe de Cuperly
  • Ferme annexe de Vadenay
  • Ferme annexe de Bouy
  • Ferme annexe de Jonchery
  • Ferme annexe de Saint-Hilaire


En 1917, prêt des annexes de Selles-sur-Cher, Châteaufer, Freycinet, Lavergne, Segala,
Coligny et Bellac à l'armée américaine.

Etablissements hippiques d'Algérie-Tunisie

Première compagnie : Blida
  • Dépôt de Blida
  • Annexe de Miliana
  • Annexe de Mustapha

Deuxième compagnie : Mostaganem
  • Dépôt de Mostaganem
  • Dépôt d'Oran
  • Jumenterie de Tiaret

Troisième compagnie : Constantine
  • Dépôt de Constantine
  • Annexe de Sétif

Quatrième compagnie : Tébourba
  • Dépôt de Tébourba